Un cabinet de conseil et de formation avait déployé une quarantaine de sièges Claude. Pendant le mois observé, 85 % d'entre eux ont servi : c'est l'activation réelle, lue dans les journaux d'usage. Le même relevé montre pourtant que 31 % des sièges n'ont rien produit.
L'adoption réelle de l'IA est la part des sièges payés qui servent vraiment, lue dans les journaux d'usage de l'outil. Elle se compte d'habitude entreprise par entreprise. Dans une entreprise déjà équipée, la question devient plus précise : quels sièges produisent, et pourquoi certains outils maison prennent quand d'autres meurent. Nous l'avons mesuré dans ce cabinet en juillet et août 2026. Le cabinet reste anonyme ; ses chiffres sont donnés en proportions.
Mesurer l'adoption de l'IA dans les journaux d'usage, pas dans un sondage
Un sondage dit qui pense utiliser l'outil. Les journaux d'usage disent qui l'a ouvert, combien de fois, pour quoi faire, et avec quels outils partagés. La direction IA du cabinet voulait cesser de piloter l'adoption à l'aveugle. Nous avons lu ses journaux, sans entretien ni questionnaire.
La base de la mesure :
- une quarantaine de sièges Claude, l'assistant d'Anthropic ;
- un mois ouvré observé, de juillet à début août 2026 ;
- près de 180 tours de conversation humains par utilisateur actif ;
- 85 % des sièges utilisés par une personne au moins une fois.
Le chiffre brut était plus gros. Une grande partie des lignes venait d'automatisations, des agents qui envoient eux-mêmes des requêtes. Elles ont été écartées : compter ce trafic comme de l'usage humain aurait gonflé l'adoption. C'est le premier geste pour mesurer l'adoption de l'IA chez vous : séparer ce que font les personnes de ce que font les machines.
Geoffrey Harrazi et Aurélien Sabaly, cofondateurs d'Idun Group, ont restitué la mesure à la direction IA du cabinet en trente minutes, le 10 août 2026. Elle se lit par usage et par outil, jamais comme une évaluation des personnes. Dans le rapport, chaque utilisateur porte un pseudonyme, et la clé reste chez le client : elle n'est remise que sur demande écrite de sa direction. Une telle lecture se cadre avant de commencer, avec la personne chargée de la protection des données et, s'il y en a, les représentants du personnel.
Quel taux d'adoption de l'IA dans ce cabinet ?
Dans ce cabinet de conseil et de formation, le taux d'adoption réelle de Claude est de 85 % des sièges, mesuré dans les journaux d'usage de juillet et août 2026.
Trois mots se confondent souvent, et ils ne mesurent pas la même chose :
- l'accès : le nombre de sièges payés ;
- l'activation : les sièges qui ont servi au moins une fois sur la période ;
- la production : les sièges dont l'usage a produit quelque chose, au-delà de quelques essais.
Les enquêtes mesurent surtout l'accès, parfois l'activation déclarée.
Une partie de ces utilisateurs s'est pourtant arrêtée après quelques essais. Ajoutés aux sièges restés vierges, cela fait 31 % des sièges qui n'ont rien produit sur le mois, près d'un sur trois. La production, elle, concerne 69 % des sièges.
Ces sièges sont un arbitrage à faire au renouvellement : en réaffecter, en relancer par un premier cas d'usage, en supprimer. La période compte aussi : le mois observé court de juillet au début d'août, et un siège peu actif peut être celui d'une personne en congé.
Selon l'INSEE (Insee Première du 21 juillet 2026), 18 % des entreprises françaises de 10 salariés ou plus déclarent utiliser au moins une technologie d'IA en 2025, et 58 % de celles de 250 salariés ou plus. Ces chiffres disent combien d'entreprises sont équipées ; dans chacune, la part des sièges qui produisent reste à mesurer. Notre guide sur l'IA en entreprise reprend l'adoption, les coûts et le ROI à l'échelle de toute l'entreprise.
Combien consomment les plus gros utilisateurs ?
Dans ce cabinet, les trois plus gros utilisateurs valent de 12 à 25 fois leur siège, au sens précis du calcul : ce qu'aurait coûté leur consommation au tarif public de l'éditeur, mis en face du prix de leur abonnement. C'est une mesure de consommation, pas de valeur produite pour le métier. Elle compte une petite part de trafic automatisé.
Sur un même outil, quelques postes consomment beaucoup plus que les autres, ce que la facture des sièges ne fait pas voir.
Le même relevé montre un poste qui butait sans cesse sur ses limites d'usage : plus de trois fois par jour ouvré sur la période mesurée, surtout avec ses automatisations. Son abonnement était trop étroit pour un usage automatisé aussi intensif. Si ce poste a un abonnement ordinaire pendant qu'un siège inactif en porte un plus large, échanger les deux ne change rien à la facture.
Une limite va avec ce chiffre : les personnes qui n'utilisent que le chat comptent pour zéro dans ce calcul, parce que le chat ne porte pas de coût dans l'export. Leur usage existe ; il n'est simplement pas chiffré en consommation.
Pourquoi certains outils maison sont-ils adoptés, et d'autres non ?
Un outil maison est adopté quand il est partagé à toute l'organisation, précis, et bien décrit. Le cabinet avait créé ses propres skills Claude, des outils maison qui donnent à Claude sa charte graphique ou la méthode d'une réponse à un appel d'offres. Certaines se chargent chaque semaine, d'autres ont été abandonnées en quelques jours. Sur ce seul parc, trois mesures les séparent :
| Ce qui a été mesuré | Ce que montrent les journaux |
|---|---|
| La portée | Une skill déployée pour toute l'organisation touche 6,4 fois plus de monde que sa version personnelle |
| La précision | Les skills qui survivent portent 45 valeurs dures chacune (codes couleur, tailles, unités), contre 0,4 pour les autres |
| Le déclenchement | 89 % des chargements sont décidés par Claude, pas par l'utilisateur |
Puisque Claude décide presque toujours seul de charger une skill, former les équipes aux commandes d'invocation changerait peu ces chargements. Le levier est la description de la skill, le texte que Claude lit pour savoir quand s'en servir. Ces écarts viennent d'un seul client.
Que rend une demi-journée de travail sur un outil maison ?
Dans ce cabinet, une demi-journée de travail rend environ 6 heures par mois. Cette demi-journée consiste à réécrire la description de l'outil de présentation pour qu'il se déclenche quand il le faut. Les 6 heures sont du temps passé dans Claude à reprendre des demandes non résolues ou à repréciser la charte, que l'outil partagé réduit. Ce n'est pas du temps gagné sur le travail lui-même : les journaux ne le voient pas.
Deux mesures montrent pourquoi un outil partagé change le travail. Quand il est chargé, il y a 43 % de tours non résolus en moins et 69 % de tours frustrés en moins. Et l'assiette est connue : le travail assisté porte sur 13 tâches récurrentes.
Nous ne convertissons pas ces heures en euros : il faudrait connaître le temps que chaque tâche prenait sans l'outil, et cette base appartient au cabinet.
Ce que cette mesure ne dit pas
Les chiffres de cette mesure portent quatre limites, écrites en tête du rapport remis au client :
- un seul mois observé, de juillet au début d'août : l'export de la plateforme garde trente jours, pour un déploiement de cinq mois, et la période tombe en partie pendant les congés ;
- le temps mesuré est celui passé dans l'outil, jamais celui qu'il aurait fallu sans lui ;
- les heures ne se convertissent pas en euros sans la base de temps du client ;
- ces chiffres décrivent l'existant de ce cabinet et ne prédisent pas ce que donnerait le même travail ailleurs.
Le périmètre, enfin, se limite à Claude : les autres outils du cabinet n'étaient pas instrumentés.
Les cinq questions à poser sur votre propre parc
Pour savoir où en est l'adoption de l'IA chez vous, posez ces questions à l'équipe qui administre vos licences :
- Combien de sièges ont produit quelque chose le mois dernier, automatisations écartées ?
- Combien n'ont rien produit, et combien se sont arrêtés après quelques essais ?
- Que consomment les trois sièges les plus actifs, sur quelles tâches, et butent-ils sur leurs limites ?
- Quels outils maison sont chargés, par combien de personnes, et combien existent en plusieurs versions ?
- Quelle période la mesure couvre-t-elle vraiment, et quels outils ne voit-elle pas ?
Sur Microsoft 365 Copilot, la même question se pose avec d'autres rapports : nous l'avons traitée dans Rapport d'usage Copilot : actif ne veut pas dire utilisé. Ce que la console de Claude montre et ce qu'elle tait est sur notre page Claude en entreprise.
Le rapport remis au cabinet, avec ses quatre limites, peut vous être montré anonymisé avant toute signature, pour juger notre analyse de l'usage réel sur pièce.




